Le sens de la vie
Face à la vanité des ambitions matérielles et au déclin inévitable de la vieillesse, la vie semble souvent absurde. Pourtant, en retrouvant le sens fondamental de notre existence et en cultivant le détachement, nous pouvons transformer chaque étape de la vie en un chemin vers la paix intérieure.
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Résumé : Face à la vanité des ambitions matérielles et au déclin inévitable de la vieillesse, la vie semble souvent absurde. Pourtant, en retrouvant le sens fondamental de notre existence et en cultivant le détachement, nous pouvons transformer chaque étape de la vie en un chemin vers la paix intérieure.
Texte
En Inde, traditionnellement, l'existence est partagée en trois périodes : l'enfance et la jeunesse, occupées aux études ; ensuite l'âge adulte, occupé à fonder une famille, à avoir des enfants et à travailler ; enfin, la vieillesse, pour s'occuper de spiritualité. C'est assez naturel ; c'est, ou c'était, un peu la même chose en France. Qui n'a pas vu ces vieilles femmes allant régulièrement à l'église ?
Quand on est jeune, on a l'illusion de l'immortalité et l'on pense que l'on pourra accomplir des choses qui comptent dans sa vie ; on s’attelle alors à cet objectif. La vieillesse nous semble si loin que l'on ne s'en préoccupe pas, mais « quand la bise fut venue », c'est une autre histoire.
La fuite en avant des âges de la vie
Jeune, on pense que nos efforts vont nous mener quelque part... On parviendra à trouver du travail, à s'acheter une voiture, à fonder une famille, avant que cette famille ne se disperse, puis à en fonder une autre, recomposée, puis une autre encore. Mais au bout du compte, où arriverons-nous ? À la vieillesse.
Quand les enfants ont quitté la maison, on achète un trampoline que l'on installe dans son jardin pour donner envie à nos petits-enfants de venir nous visiter. Pourtant, combien je vois, dans les jardins des lotissements, de trampolines abandonnés qu'aucun enfant n'a utilisés. J'éprouve de la peine en voyant ces trampolines dépenaillés ; je mesure alors la vanité des illusions et le fait que les vieux n'intéressent plus personne.
À l'heure de la retraite, à quoi nous servent nos études et notre carrière ? Un ex-avocat, par exemple, retire-t-il sa plaque du mur de sa maison ou y ajoute-t-il la mention : retraité ? Combien de temps aura duré sa carrière ? Que fait-il, alors, de tous les livres de sa bibliothèque et de tous les savoirs accumulés ?
Le miroir de la vieillesse et le regard social
Passer son enfance à travailler pour obtenir son bac, faire des études supérieures, travailler quarante ans ou plus comme un expert respecté et, une fois arrivé à la retraite, s'apercevoir que tout cela ne sert plus à rien... tout ça pour ça ! De plus, les actifs critiquent notre retraite et nous traitent avec mépris de boomers, de profiteurs ou d'égoïstes jouissant de vacances infinies.
C'est précisément à ce moment-là que l'on est dans la bonne posture pour vivre le détachement et l'humilité avec sagesse. C'est pour cela qu'en Inde, cette période de la vie est consacrée à la spiritualité profonde. On n'a plus rien à atteindre, ni à espérer, sinon la Grâce. On dispose de toute la liberté nécessaire pour vivre sa spiritualité.
L'union de la fougue et de la sagesse
En vérité, dès l'âge de vingt ans, on n'a déjà rien à atteindre, rien à espérer du monde des Hommes... je veux dire, rien d'essentiel. Pour ma part, je me suis intéressé à la spiritualité dès mes dix-huit ans et, aujourd'hui âgé, j'ai réalisé la vanité des espoirs et des efforts de la jeunesse. « Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait ! » Il faudrait réunir l'élan de la jeunesse, sa force et son énergie, avec un peu de la sagesse de la vieillesse. Jadis, les jeunes écoutaient les vieux et un peu de leur sagesse venait tempérer leur fougue.
Trouver le sens fondamental de l'existence
La seule chose que l'on est sûr d'atteindre, dans la vie, c'est la mort. Alors, que fait-on en attendant ? La vie a un sens, au-delà des objectifs personnels. Nulle part, aujourd'hui, on n'apprend aux jeunes ce qu'est le sens de la vie. Comment la vie peut-elle être vécue sans en connaître la direction ? On peut accomplir toutes sortes de choses, mais la première priorité est de connaître le sens de son existence. Ce sens n'est pas le parcours absurde que je vous ai décrit.
Combien de personnes, bénéficiant d'une vie confortable, sont en manque de sens ? Beaucoup de souffrances découlent de cette ignorance. En connaissant ce sens, on peut accomplir tout ce que l'on a à faire avec un certain détachement ; on peut alors jouir du bonheur de vivre indépendamment de notre situation sociale.
Quand on est jeune, on a l'illusion que ce que nous propose le monde des Hommes a un sens, alors on se consacre à la « réussite ». Mais la réussite de quoi ? C'est absurde ! Sans la connaissance du sens fondamental, la vie n'a pas de sens et, quand on s'en rend compte, on tombe de haut.
La foi en la Grâce et l'enseignement des sages
Ce qui est important, dans la vie, ce n'est pas tant ce que l'on fait que l'état d'esprit que l'on a en le faisant. Quand je suis revenu de l'ashram où je vivais en 1978, à cause d'une histoire de visa, je me suis retrouvé seul à Paris, sans famille, sans amis, sans travail, sans argent ni logement.
Jésus l'a dit : « Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? [...] Cherchez premièrement le Royaume ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. » (Matthieu, 6:25-34).
Je ne suis pas chrétien, au sens pratiquant du terme, pourtant ce que disait Jésus peut être une aide, un éclairage pour tous, même pour les athées, à condition de se débarrasser des partis-pris à propos de la religion. Jésus n'était ni chrétien, ni un prêtre, pas plus que le fils de Dieu, mais il était pour le moins un sage, pareil à un bouddha. Ne vous privez pas de ses paroles pleines de sagesse. La sagesse est toujours la bienvenue dans la vie.