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Publié par Jean Benoît

La colère contre l'injustice et le ressentiment lié au passé sont des poisons que nous nous infligeons à nous-mêmes. En cultivant le détachement et le pardon, il est possible de cesser de "souffrir d'avoir souffert" pour enfin retrouver la paix intérieure et vivre pleinement au présent.

Une tête de chat en colère vue en gros plan, pour symboliser la colère

 

Blog Yoga Originel

 

Souffrir d'avoir souffert, la spirale de la colère

 

 

Raccourci : La colère contre l'injustice et le ressentiment lié au passé sont des poisons que nous nous infligeons à nous-mêmes. En cultivant le détachement et le pardon, il est possible de cesser de "souffrir d'avoir souffert" pour enfin retrouver la paix intérieure et vivre pleinement au présent.

 

Texte

 

Je vois tous les jours, à la télévision ou sur la toile, des personnes qui souffrent, qui sont en colère et qui vouent une haine tenace à ceux qu'elles tiennent pour responsables des souffrances du monde — et de leur propre souffrance. Il est vrai que certaines personnes traversent plus d'épreuves que d'autres. On dit d'ailleurs que l'un est « doué pour le bonheur » quand l'autre ne l'est pas. Mais qu'est-ce que cela signifie réellement ?

 

Personne ne peut juger ce que vit l'autre. C'est un vécu intime, propre à l'être profond et invisible aux regards extérieurs. Parfois, quand vous souffrez moralement, cette sensation semble vous étouffer, être insurmontable, puis, finalement, vous la dépassez et réalisez qu'elle n'était pas si ancrée que cela.

Le poison de la colère réactive

 

Je vois tant de gens se mettre en colère pour toutes sortes de raisons qui ne les concernent en rien. Ils ont toujours une colère en réserve : contre les politiciens, la fourrure, l'élevage industriel, les additifs alimentaires, les théories du complot... tant de raisons, réelles ou imaginaires, d'être hors de soi. Ils maudissent les « méchants » en leur souhaitant le pire.

 

Mais en attendant, qui souffre ? Est-ce le dirigeant de multinationale ou le décideur lointain ? Non. Ceux qui souffrent, empoisonnés par leur propre ressentiment, sont ceux qui nourrissent cette colère. Leur tumulte intérieur est tel qu'ils n'entendent plus la musique du silence et de la paix intérieure. L'aveuglement cherche toujours des points de fixation pour vous empêcher d'être serein. Comme le dirait Maître Yoda : « La colère t’entraîne du côté obscur de la force ! La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine... mène à la souffrance. »

Sortir du combat contre les moulins à vent

 

Il existe parfois en nous un véritable brouhaha, une "cour de récréation" de pensées irrationnelles. Mettez-vous à l'abri de cette folie, et de la vôtre avant tout ! C'est tout l'intérêt de cultiver le détachement et de prendre du recul sur ses émotions. Vivez votre vie au mieux, sans vous épuiser à traquer les « méchants ». Se battre contre des moulins à vent, à la manière de Don Quichotte, n'a jamais favorisé le bonheur.

 

La vie est une belle chose ; ne laissez pas la bêtise d'autrui gâcher votre plaisir d'exister. L'empathie est une qualité, mais si elle ne soulage pas l'autre et ne fait qu'augmenter votre propre détresse, quel en est l'intérêt ?

Se libérer du poids du passé

 

Certains souffrent à cause de leur passé. Mais le passé est révolu. Pourquoi continuer à en subir les effets ? Allégez-vous en vivant le moment présent. Pratiquez le pardon, envers les autres et envers vous-même en priorité. Ne restez pas bloqué sur une blessure ancienne : tout le monde a souffert un jour. La souffrance est déjà pénible en soi, mais souffrir d'avoir souffert, c'est de la souffrance au carré !

 

Faites ce que vous pouvez avec ce que vous êtes maintenant. Il n'est pas nécessaire d'être "parfait" pour commencer à changer. C'est votre vie : vivez-la au présent. N'attendez pas d'aller mieux pour agir, car plus vous êtes obsédé par vos manques, moins vous avancez.

Le pouvoir du pardon et de la loi naturelle

 

Le temps fait son œuvre, ne l'en empêchez pas en ressassant constamment vos souvenirs d'enfance. Pardonnez à ceux qui vous ont blessé ; ils n'en avaient probablement pas l'intention consciente. Peut-être souffraient-ils eux-mêmes, agissant par pur automatisme ou par ignorance.

 

Vous n'êtes pas seulement une mémoire, vous êtes une identité bien plus vaste. Si votre mémoire est traumatisée par de mauvais souvenirs, votre essence profonde, elle, n'a jamais été altérée par la cruauté ou l'inconscience des autres. Identifiez-vous à votre capacité de résilience, pas à vos cicatrices.

 

Quant aux profiteurs et aux égoïstes de ce monde, ne vous focalisez pas sur eux : c'est votre vie que vous gâchez, pas la leur. Ils n'ont pas besoin de vous pour se perdre. La loi naturelle (ou le karma) veut que chaque acte génère une réaction. Laissez faire cette justice intrinsèque. Ne vous prenez pas pour un justicier universel et donnez-vous enfin la chance d'être heureux. Personne ne le fera à votre place. Faites preuve de recul et de détachement.

 

 

madhyama.marga@gmail.com

 

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