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Publié par Jean Benoît

Ce texte explore le pouvoir du détachement à travers des expériences personnelles et la légende de Pénélope. Il montre que laisser aller le passé, persévérer dans l’instant et accueillir la vie telle qu’elle vient est la clé de la résilience et du bonheur.

Pénélope, la femme de Ulysse, tisse devant une vue sur la mer

 

Blog Yoga Originel

 

Le détachement, indispensable au bonheur

 

 

Résumé : Ce texte explore le pouvoir du détachement à travers des expériences personnelles et la légende de Pénélope. Il montre que laisser aller le passé, persévérer dans l’instant et accueillir la vie telle qu’elle vient est la clé de la résilience et du bonheur. La vie, avec ses pertes et ses épreuves, devient alors un terrain d’apprentissage pour vivre pleinement chaque jour.

 

Texte

L’histoire de Pénélope

 

L’histoire de Pénélope est une véritable leçon de détachement. Dans L’Odyssée d’Homère, Pénélope attend, sur son île, le retour de son époux Ulysse, roi d’Ithaque. Depuis son départ, la noblesse le croit disparu et presse Pénélope de se remarier afin que le royaume ait un nouveau roi.

 

Espérant toujours le retour d’Ulysse, Pénélope invente un stratagème pour retarder cette union : elle promet de se marier lorsqu’elle aura terminé sa tapisserie, commencée depuis longtemps. Le jour, elle tisse ; la nuit, elle défait le travail accompli.

 

Cette histoire illustre une vertu essentielle : le détachement. Imaginez que vous travailliez toute une journée sur une tâche ardue, pour découvrir le lendemain que tout votre effort a disparu.

Perdre et apprendre

 

Cela m’est arrivé. Un jour, mon ordinateur est tombé en panne. Après que le réparateur a réinstallé Windows, tous mes fichiers du disque dur avaient disparu : des années de travail, de textes et d’images envolés à jamais, car je n'avais pas de sauvegarde sur disque externe. Il m’a fallu toute ma sagesse proverbiale (sic) pour encaisser ce coup. C’est là que j’ai pu mettre à l’épreuve mon détachement, et cela m'a été bien utile.

 

Jeune homme, j’écrivais des poèmes en alexandrins, des quatrains. J'en avais écrit des centaines. Une directrice d’édition d’une grande maison française voulait les publier au compte de l’éditeur. Elle me disait que j’étais « le dernier grand romantique de France » et souhaitait me présenter à Gonzague Saint-Bris.

 

Il fallait juste que je réécrive ces centaines de poèmes à la machine, car les ordinateurs n’existaient pas encore. Mais je n’avais pas le temps. Je devais partir travailler en saison pour tailler les vignes tout l’hiver dans le Beaujolais.

 

J’ai confié mes manuscrits à l’amie d’un ami, à Lyon. À mon retour au printemps, j’ai appris que cet ami s’était disputé avec elle et qu’elle avait jeté toute ma malle, où se trouvaient mes manuscrits et d'autres effets personnels. On m’a dit : « Tu n’as qu’à les réécrire, tes poèmes ! » Imaginez… c’était impossible. Ainsi, des années d’inspiration juvénile et de quatrains ont disparu irrémédiablement.

 

J’ai également perdu une fille de deux ans dans un accident de la route, alors que je n’étais pas là. Là encore, le détachement m’a été précieux, même si, cette fois-là, ce fut bien plus difficile que pour le reste. Chacun a ses misères dans la vie ; personne n’est épargné.

La puissance du détachement

 

Sans la conscience que le présent ne doit pas souffrir du passé, que serais-je devenu ? Le passé est le passé. Comme Pénélope, nous pouvons recommencer chaque matin les efforts de la veille, têtus comme l’herbe que l’on tond. Tous les jours, nous pouvons oublier et recommencer une nouvelle vie. Si ce n’est pas de la résilience, je ne sais pas ce que c’est !

 

Souffrir à cause du passé, c’est souffrir d’avoir souffert — souffrir au carré. Et à quoi cela nous avance-t-il ? À rien ! En vérité, chaque jour est un nouveau jour, et derrière chaque instant se cache un trésor qu’il nous suffit de saisir.

La vanité

 

Est-il bon de ménager sa vanité ? Non, assurément non. C’est comme ces personnes qui n’osent pas contrarier ceux qui les persécutent, disant : « Vous n’aurez pas ma haine », comme des victimes nées.

 

Non, il ne faut jamais accepter la défaite. Il faut toujours se tourner vers la paix possible de l’instant. Une pratique spirituelle authentique, telle que la méditation permettant d'arrêter un peu la marche du temps, peut vous aider à vivre heureux dans le présent.

 

Cessez de vous apitoyer sur votre sort. Vous n’êtes pas la chose la plus importante de votre vie. Le plus important, c’est votre vie : pas les événements qui ponctuent votre existence, mais la vie qui coule dans vos veines, qui entre et sort de vos poumons. Cette vie est une grâce.

La persévérance dans l’instant

 

N’écoutez pas les conseils de la paresse, de la peur, du doute ou de l’inertie qui vous font baisser les bras. Tournez-vous plutôt vers la conscience du bonheur de vivre, vers la lumière. Faites-le, comme Pénélope tissant sa tapisserie chaque jour, la défaisant la nuit et la recommençant chaque matin.

 

N’attendez pas le premier janvier pour prendre de bonnes résolutions ; soyez résolu chaque jour. Je sais par expérience — et croyez-moi, j’en ai fait l’expérience plus souvent qu’à mon tour — que chaque jour nous réserve de belles surprises. Ces surprises, vous devez les saisir et en profiter, en attendant les prochaines qui ne manquent jamais d’arriver. Après la pluie vient le beau temps : c’est une vérité.

La foi en la vie

 

Je suis maintenant un homme âgé, même si je ne fais pas mon âge (sic). La mort peut venir me prendre à tout moment, mais à chaque instant, la vie me donne ce qu’elle me donnait déjà quand j’étais enfant. Alors, je reste un enfant.

Les courants contraires

 

Je dois lutter, comme tout le monde, contre des courants contraires et rester vigilant pour demeurer dans la conscience du bonheur possible. Je dois toujours choisir entre le bien et le mal. Je sais que choisir le mal n’est jamais une bonne chose. Ce qui est bon, c’est d’être positif, détaché du passé pour s’ancrer entièrement dans le présent.

 

 

madhyama.marga@gmail.com

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