Le sens de la vie
Dans une société axée sur la consommation et le « pouvoir d'achat », ce texte propose une réflexion profonde sur l'apparente absurdité de notre quotidien. Entre les études, la carrière et les obligations familiales, il est facile de perdre de vue l'essentiel. L'auteur nous invite à sortir du cycle sans fin des désirs superflus pour se concentrer sur nos besoins réels et sur la satisfaction de l'âme.
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Résumé : Dans une société axée sur la consommation et le « pouvoir d'achat », ce texte propose une réflexion profonde sur l'apparente absurdité de notre quotidien. Entre les études, la carrière et les obligations familiales, il est facile de perdre de vue l'essentiel. L'auteur nous invite à sortir du cycle sans fin des désirs superflus pour se concentrer sur nos besoins réels et sur la satisfaction de l'âme.
en s'appuyant sur l'image d'un fil (l'harmonie fondamentale) reliant les différentes étapes de notre existence, ce texte explique que le véritable but de la vie n'est pas de « gagner sa vie », mais de s'aligner sur un dessein plus grand. en cultivant la lucidité et en tournant nos sens vers l'intérieur par la méditation, nous pouvons transformer notre quotidien. Cet article est un appel à la responsabilité individuelle, à l'équilibre entre droits et devoirs, et à la découverte d'une paix intérieure durable, au-delà des possessions matérielles et des châteaux de sable du provisoire.
Texte
C'est vrai que la vie des Hommes est souvent absurde et qu'elle manque de sens. On le remarque dès que l'on a fait un pas hors de cette absurdité, dans des moments particuliers, de méditation, de calme.
Dans les pays les plus riches, on passe toute sa jeunesse à étudier pour apprendre un métier. On passe quarante ans à exercer une ou plusieurs professions, pas toujours agréables ni bien payées, pour gagner sa vie, puis on arrive à la retraite. Et après ? Quel a été le sens de tout cela ?
Vivre pour gagner de quoi vivre, s'acheter une maison, une auto, une cuisine équipée avec îlot central, se marier, faire des enfants, les élever, divorcer, payer le divorce, revendre sa maison, partager le produit de la vente, préparer sa retraite et contracter une convention obsèques... Tout cela ne donne pas vraiment un sens à l'existence. Quel est le sens d'une vie une fois que les enfants sont partis ? On ne les voit pratiquement plus, les petits-enfants sont presque des inconnus et la société n'a plus besoin de nous ; nous sommes devenus un poids. Oui, quel est le sens de la vie, dans ces moments-là, sinon d'attendre la mort ?
À quoi rêvent les riches
Par ailleurs, on ne peut pas vivre toute sa vie pour ses enfants… C'est stupide, car eux ne vivent pas la leur pour leurs parents. Je vois passer, sur les réseaux sociaux, une image qui dit : « Termine cette phrase : je n'imagine pas ma vie sans... ». Parmi les réponses, il y en a une qui revient le plus souvent : « Mes enfants ».
Pourtant, les enfants s'en vont un jour et nous restons avec notre vie, mais sans eux. En tout cas en Europe. Alors ? Quel sens notre vie a-t-elle à ce moment-là ? Chacun a sa propre existence : les enfants ont la leur, nous avons la nôtre. Un moment, nous cohabitons, mais cela ne dure qu'un temps.
Il y a une expression qui revient souvent dans les discours politiques : « Le pouvoir d'achat »... Comme si le sens de la vie était d'acheter ! Mais, quel que soit le pouvoir d'achat que l'on possède, cela ne suffit pas. Les personnes pauvres peuvent rêver que, lorsque leur situation s'améliorera, elles seront plus heureuses. Cependant, pour les personnes riches qui ne sont pas heureuses, qu'est-ce qui pourra les combler ? Quel est le sens de leur vie ?
Celui qui passe sa vie à travailler pour s'acheter le bonheur s'attelle à un chantier sans fin. C'est cela qui est absurde et vain. Mais en vérité, la vie n'est ni absurde ni vaine ; elle a un sens, et ce sens n'est pas de consommer... « Foule sentimentale, avec soif d'idéal... »
Il y a quelque chose de plus grand que l'existence, quelque chose qui commence avant elle et qui continue après. C'est cette chose qui donne un sens à notre passage ici-bas. L'existence est comme une perle traversée par un fil ; cette perle fait partie d'un ensemble qui forme un collier.
Le vrai "vous" remonte bien plus loin que votre naissance et continuera après votre mort. C'est ce voyage-là qui est important. Non pas que l'existence que vous vivez en ce moment ne soit pas importante — elle l'est — mais le plus important reste votre vie à travers plusieurs existences. Chaque existence est une perle, l'ensemble de ces perles forme le collier de vos vies, et le fil qui les relie est l'élément essentiel.
Le fil qui nous traverse
Ce fil qui passe en nous, à travers toute notre existence et toutes nos existences, je le connais et si je devais lui donner un nom, je dirais « âme » ou « principe éternel » ou encore : « harmonie fondamentale ».
Ce que je peux vous dire, c'est que le principe fondamental n'est pas seulement fait pour nous aider à passer le bac, obtenir un master, chercher du travail, puis travailler pour accomplir tout ce que j'ai cité plus haut. Il est bien de faire toutes ces choses, car il faut bien vivre ! Ce n'est pas le problème, pourtant ces activités ne sont pas le but de la vie.
Mon fils passe son bac cette année et veut aller à l'université pour devenir professeur d'anglais. Je suis comme tous les parents du monde : je veux qu'il réussisse ses examens, qu'il s'épanouisse dans ses études et qu'il parvienne à faire ce qu'il souhaite. Mais je ne suis pas dupe ; je sais que le but de sa vie n'est pas d'être prof d'anglais, de s'acheter une maison, d'avoir une compagne et des enfants.
La vie est tellement plus grande et plus importante que tout cela ! Quand on vit dans un pays où les besoins essentiels sont assurés, on pourrait s'intéresser au vrai sens de l'existence. Voulez-vous investir toute votre énergie et tous vos espoirs dans des choses provisoires ? Ou bien voulez-vous les investir dans quelque chose qui dépasse l'existence ?
Voulez-vous bâtir sur le provisoire et le fragile, ou sur le solide ? Il y a tant de gens qui construisent leur existence comme des châteaux de sable, sur le sable humide de la marée basse, alors que la mer ne va pas tarder à remonter ! Pourtant, ils font comme si ces châteaux devaient durer toujours.
Le but de la vie
Le but de la vie n'est pas de "gagner sa vie", même si c'est indispensable et qu'il faut le faire. Le but de la vie est de la vivre comme il a été prévu que nous la vivions. Je veux dire par là que la vie nous a été donnée pour une raison précise, pour que nous y accomplissions quelque chose de particulier. Je ne parle pas de la « mission de vie » dont on traite sur les réseaux sociaux — celle que chacun croit posséder et qui serait différente pour tous. Je parle de la raison commune à tous les êtres humains ; cette raison pour laquelle la vie nous a été accordée.
Ce qui a créé notre vie, ce "Tout", ce "Tao", comme diraient certains, cette grande équation primordiale l'a fait pour un dessein précis. Ce dessein suit un plan dont nous faisons partie. Il nous a été donné le libre-arbitre : le choix d'aller dans son sens ou non.
Selon notre décision, notre vie sera différente ; elle aura un sens ou elle n'en aura pas. La vie veut que nous participions à son grand jeu en toute liberté. Le problème est qu'aujourd'hui, les gens pensent à leurs droits plus qu'à leurs devoirs. Ils veulent prendre et recevoir, mais pas donner. Ils revendiquent leurs prérogatives et refusent d'assumer leurs responsabilités.
Devoirs et désirs
Que ce soient les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes ou les vieux, tout le monde réclame ses droits, mais peu veulent s'acquitter de leurs devoirs. Ainsi, le bonheur est impossible, car nos droits ne seront jamais respectés à la hauteur de nos exigences. C'est ainsi que le monde est fait. Si vous espérez le changer, vous perdez votre temps : vous n'avez aucun pouvoir pour cela. Ce que vous pouvez changer, ce qui est à votre portée, c'est vous-même.
Chercher la satisfaction de ses désirs est une occupation qui prend beaucoup de temps à l'Homme. Cette recherche est un travail sans fin, car un désir satisfait n'éteint pas la source des désirs. La source des désirs est la vanité. Le mot vanité désigne ce qui est vain, c'est-à-dire inutile.
Courir après la satisfaction de ses désirs est vain, car ils ne sont jamais rassasiés : « un clou chasse l'autre ». Satisfaire ses besoins est légitime, mais un désir n'est pas un besoin. Se loger est un besoin, posséder un palais est un désir. Manger est un besoin, s'offrir du caviar est un désir.
Apprenez à faire la différence entre un besoin et un désir et, une fois cet apprentissage fait, libérez-vous de vos envies superflues. Il est déjà complexe de satisfaire ses besoins sans chercher à assouvir ses désirs ! Le bonheur commence par là... C'est le début de la sagesse. La vie vaut mieux que cela.
La satisfaction de l'âme
La satisfaction que l'Homme cherche, en vérité, n'est pas celle de ses désirs. C'est une erreur que de le croire. La satisfaction que l'Homme recherche réellement est celle de l'âme. Mais la plupart des gens l'ignorent parce que leur conscience ne se situe pas au niveau de l'âme, mais à celui des sens. Les sens de l'Homme sont, la plupart du temps, tournés vers l'extérieur. Ce n'est pas par mauvaise volonté, c'est simplement qu'il ne sait pas qu'ils peuvent être tournés vers l'intérieur. C'est ce que montrent les trois singes de la sagesse, qui ferment leurs yeux, leurs oreilles et leur bouche.
Cette satisfaction vraie, l'Homme devrait la chercher en lui ! Mais il la cherche au-dehors sans jamais la trouver, d'où une grande désespérance. Cette désespérance, il la met sur le compte du manque d'argent et il se révolte pour en gagner plus ; mais c'est perdu d'avance. Le temps qu'il s'en rende compte et il est déjà sorti du jeu ; il est à la retraite et ne peut plus rien faire… Si, il peut enfin tourner ses sens vers l'intérieur pour aller voir, entendre et ressentir ce qui s'y passe. Commencez à chercher l'essentiel en vous : il est perceptible dans les moments de grâce où vous ressentez de la paix, de la sérénité.
Cherchez régulièrement à susciter de tels moments en vous arrêtant de courir, en vous asseyant, en fermant les yeux et en respirant calmement, en prêtant attention à la respiration, à l'inspiration et à l'expiration. En elle, se trouve la paix. Cherchez-la et abandonnez-vous à elle. Certains appellent ça méditation.