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Publié par Jean Benoît

On nous martèle que le bonheur est un droit, un devoir, une accumulation de plaisirs et de succès. Et si cette course effrénée était précisément ce qui nous empêche d'être en paix ? Dans ce texte, l'auteur déconstruit le mythe moderne du bonheur pour revenir à la sagesse des anciens

Une femme allongée dans l'herbe, sous un arbre, à l'ombre.

 

Blog Yoga Originel

 

Moins de souffrance, plus de paix

 

 

Résumé : On nous martèle que le bonheur est un droit, un devoir, une accumulation de plaisirs et de succès. Et si cette course effrénée était précisément ce qui nous empêche d'être en paix ?

 

Dans ce texte, l'auteur déconstruit le mythe moderne du bonheur pour revenir à la sagesse des anciens maîtres. De Patanjali au Bouddha, en passant par Jésus et Lao-Tseu, le secret n'a jamais été d'ajouter des satisfactions, mais de soustraire la souffrance.

 

Découvrez comment transformer votre quotidien, non pas en changeant de vie, mais en changeant d'optique :

 

  • Comprendre la logique de soustraction : Pourquoi « moins » signifie souvent « mieux ».

  • Identifier les « poisons » de l'esprit : L'ignorance, l'attachement et l'ego.

  • Pratiquer la contemplation simple : Retrouver votre état de conscience naturel, même au cœur des difficultés matérielles.

 

La paix n'est pas une destination lointaine, c'est ce qui reste quand on cesse enfin de s'encombrer.

 

Texte

 

Je parle souvent du vrai bonheur et, quand j'en parle, c'est une concession à ceux qui espèrent le bonheur. C'est compliqué de parler du bonheur, chacun a sa définition du bonheur ; pour les uns, ce sera quelque chose et, pour les autres, autre chose. Chacun voit le bonheur à sa porte. C'est pour ça que je ne parle pas du bonheur, mais que j'ajoute « vrai ».

La leçon des sages de l'histoire

 

Le vrai bonheur est-il plus facile à expliciter ? Si l'on se fie à ce que les anciens sages orientaux ont dit, on constate qu'ils ne parlaient pas du bonheur... le Bouddha, par exemple, a-t-il parlé du bonheur ? À en croire les traductions occidentales des livres qui rapporteraient ses paroles, il aurait parlé du bonheur, mais, en vérité, il parlait de l'absence de douleur (sukha).

 

Patanjali, un Indien connu pour les Yoga-Sûtras, un traité du yoga, ne parlait pas de bonheur, il parlait du contentement, du bien-être (santosha). Il parlait de l'obtention d'un bien-être auquel rien n'est supérieur (Anuttama Sukha-labha).

 

Krishna, un autre Indien des temps anciens, dans la Bhagavad-Gîtâ, ne parle pas non plus du bonheur, mais là encore du contentement, de sukha, qui n'est pas une émotion, un sentiment, mais un état structurel de l'être.

 

Jésus ne parlait pas de bonheur, il parlait de joie, de béatitude et, quand les évangélistes ont mis le mot « bonheur », ou « heureux » dans sa bouche, c'était pour traduire le mot grec de « Makarios » qui parle d'être dans une situation privilégiée aux yeux de Dieu. Jésus ne parlait pas grec mais araméen et il disait : « Ashray », ce qui signifie : « être droit sur le chemin » ou « avancer ».

Pourquoi nous courons après une utopie

 

Pour ce qui est de Lao-Tseu, un Chinois contemporain de Confucius, non seulement il ne parlait pas du bonheur, mais le tenait comme suspect. Il prônait le fait d'être « conforme » avec le Tao. Décidément, les livres anciens, parlant de spiritualité, ne parlaient pas de bonheur, comme entendu en Occident. C'est pour cette raison que je parle de « vrai bonheur », de « satisfaction », de « sérénité », de « paix ».

 

L'idée que le bonheur est un « devoir », une quête individuelle et un droit inaliénable est une construction moderne, née principalement au XVIIIe siècle. Saint-Just a prononcé cette phrase célèbre en 1794 : « Le bonheur est une idée neuve en Europe. » C'est ainsi que, depuis, les Hommes courent après cette utopie et négligent la spiritualité qui, elle, de tout temps, ne parlait pas du bonheur, mais de l'accomplissement.

La méthode de la soustraction

 

Ce que je peux vous dire, en vérité, c'est que l'Homme cherche à ne pas souffrir. Les livres dont je vous ai parlé, parlent de la souffrance et font de l'absence de souffrance le but de leurs enseignements. Donc, ils ne parlaient pas de bonheur, mais de non-souffrance.

 

C'est la souffrance que l'on veut éliminer de sa vie. Le vrai bonheur serait une soustraction, quand le bonheur moderne est une addition. D'un côté, on retire quelque chose, la souffrance ; de l'autre, on ajoute des choses ; c'est la logique de consommation, quand retirer quelque chose est une logique de décroissance.

 

La souffrance dont je vous parle ici est une souffrance mentale, psychique, spirituelle. Je ne parle pas de souffrance physique due à une blessure, à une maladie. Le bonheur, le vrai, serait de ne pas souffrir. Pour dire les choses simplement, ne pas souffrir, c'est être en paix.

Identifier les freins à votre bien-être

 

Comment ne pas souffrir ? La motivation de ne plus souffrir n'est pas incompatible avec le concept moderne de bonheur. Ce sont deux choses différentes : le bonheur est une accumulation de satisfactions, de plaisirs, de biens ; l'accomplissement, l'absence de souffrance, est une soustraction. Qu'est-ce que l'on soustrait de sa vie, pour ne plus souffrir ? Les afflictions.

 

Patanjali, dans les Yoga-Sûtras, a fait une liste des cinq afflictions (klesha) qui font la souffrance : l'ignorance, la racine de toutes les autres ; l'égotisme, l'attachement, l'aversion et la peur de la mort.

 

Le Bouddha, parlait des Trois Poisons ; l'avidité (vouloir saisir, posséder, garder), la haine (vouloir détruire, repousser, nier) et l'illusion (la confusion mentale). Ces poisons sont les fruits de l'ignorance fondamentale, métaphysique, le fait de ne pas voir la réalité telle qu'elle est. C'est la racine de tous les maux.

Changer de regard au quotidien

 

On pourrait travailler à l'arrachage, en nous, de chaque affliction, de chaque poison, mais on peut aussi arracher l'ignorance. Une fois l'ignorance arrachée, toutes les autres afflictions, les autres poisons disparaissent. Comment arracher l'ignorance ? Par la connaissance. Ici, la connaissance n'est pas les choses, les connaissances apprises. La connaissance dont je vous parle est celle qui vient par la « fréquentation » de l'harmonie fondamentale.

 

Cette fréquentation se fait en changeant ses priorités. Si vos priorités sont de profiter des plaisirs de la vie, et d'accumuler les possessions, alors changez-les. Cela dit, il faut bien reconnaître que souvent, la priorité, pour beaucoup, est simplement d'assurer les besoins élémentaires de la vie au quotidien : se loger, se déplacer, manger, payer ses dettes, les taxes, l'énergie, etc.

 

Au moins, travaillez à retrouver un certain calme, ne vous posez pas trop de questions et cessez de vous mésestimer parce que vous avez des difficultés à assurer les besoins et à dégager des moyens pour avoir des loisirs, des vacances et les études des enfants. Vous n'êtes pas ce que vous gagnez financièrement et le système, qui vous confine dans la simple survie, n'est pas votre œuvre.

 

N'écoutez pas vos pensées, vos émotions, cherchez à trouver du calme et ménagez-vous des moments de simple contemplation. Assis sur un banc, dans un parc ou sur une chaise longue dans votre jardin, fermez les yeux, respirez calmement et faire attention à la respiration ne coûte pas grand-chose et peut vous apporter beaucoup : une sensation de paix, venant du plus profond de vous, est un véritable trésor que vous pouvez aller chercher aussi souvent que possible. En plus cela débloquera votre diaphragme, ce qui est bon contre le stress.

 

Quand vous ressentez ce calme, dans cette sorte de méditation dont je vous parle, dites-vous bien que c'est un état de conscience naturel chez l'Homme et qu'un des principaux buts des spiritualités et des philosophies orientales est de trouver ce calme en soi et de le faire perdurer. Aussi, ménagez-vous, chaque jour, un de ces moments, et vous verrez, vous commencerez à les apprécier et à en faire une routine quotidienne.

 

 

madhyama.marga@gmail.com

 

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