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Publié par Jean Benoit

Beaucoup de personnes ont aujourd’hui le sentiment de courir après leurs obligations, leurs responsabilités et leurs préoccupations sans jamais trouver un véritable repos intérieur. Pourtant, le problème ne vient pas toujours du nombre d’activités, mais de la manière dont elles sont vécues.

Un homme tient en équilibre sur un planche posée sur une grosse boule

 

Blog Yoga Originel

 

L’Homme d’aujourd’hui
La recherche d’une paix oubliée

 

8. Le véritable défi : vivre sans se perdre

 

 

Résumé : Beaucoup de personnes ont aujourd’hui le sentiment de courir après leurs obligations, leurs responsabilités et leurs préoccupations sans jamais trouver un véritable repos intérieur. Pourtant, le problème ne vient pas toujours du nombre d’activités, mais de la manière dont elles sont vécues. Lorsque le mental occupe continuellement l’attention et que l’existence devient une suite de réactions automatiques, il devient facile de vivre sans réellement être présent à ce que l’on vit. Retrouver davantage de présence, de stabilité intérieure, de paix intérieure et de bonheur ne consiste pas à fuir le monde, mais à apprendre à vivre sa vie avec une conscience différente, plus profonde.

 

Texte

 

Beaucoup de gens ont aujourd’hui le sentiment profond d’être partagés entre plusieurs dimensions d’eux-mêmes. Une partie est tournée en permanence vers les exigences matérielles, les responsabilités familiales, le travail et les innombrables préoccupations quotidiennes. Une autre partie, plus intime et plus silencieuse, aspire à quelque chose de beaucoup plus profond, de plus stable et paisible.

 

Des spiritualités anciennes, souvent indiennes, comme les Yoga-Sûtras, ont parlé, à leurs manières, du corps, du mental et de l’âme pour décrire cette réalité intérieure.

 

La vie moderne accentue souvent ce tiraillement. Tout semble pousser les personnes à demeurer continuellement occupées, sollicitées et tournées vers l’extérieur. Le travail, les responsabilités, les relations, les obligations matérielles et les inquiétudes occupent une part importante de l’existence. On court, on gère, on prévoit, et même lorsqu’un peu de calme s’installe, le mouvement du monde reprend rapidement toute la place.

 

Certains finissent par croire qu’il faudrait se retirer de la vie pour préserver leur paix intérieure. Il est vrai qu’une retraite spirituelle ou un retour prolongé à la nature favorisent une conscience plus profonde, dispensatrice de paix intérieure. Pourtant, il est tout à fait possible de vivre dans une grande ville sans se perdre entièrement dans son agitation. Le problème ne vient pas toujours du nombre d’activités, mais surtout de la manière dont elles sont vécues.

Quand l’existence devient uniquement réaction

 

Beaucoup de gens vivent dans un état de réaction permanent. Une parole un peu vive provoque immédiatement une réaction de défense. Une inquiétude entraîne aussitôt une tension. Une contrariété déclenche colère ou anxiété. Une pensée en entraîne une autre, créant une suite de réactions qui dure du matin au soir.

 

Peu à peu, l’existence devient une succession de réactions émotionnelles. On agit alors moins à partir de sa vraie nature qu’à partir de ses conditionnements et d’un mental dont on n’a plus vraiment le contrôle.

 

Même les journées les plus remplies peuvent ainsi donner l’impression étrange d’avoir été vécues sans présence réelle. C’est comme si quelque chose en nous ne vivait pas la vie en toute conscience. On fait les choses, on remplit ses obligations, on répond aux sollicitations, mais on n’est pas vraiment là, présent à ce que l’on vit.

Cette manière de vivre est devenue si habituelle qu’elle paraît normale. Pourtant, elle est souvent à l’origine d’une profonde fatigue intérieure.

Agir sans être continuellement absorbé

 

Retrouver un véritable équilibre intérieur ne signifie pas devenir passif. Il ne s’agit absolument pas de fuir les responsabilités, le travail ou les difficultés normales de l’existence. Ce serait une erreur de jugement.

 

Le véritable défi est d’apprendre à être présent sans être absorbé par tout ce qui arrive. Il est possible d’agir avec efficacité sans être emporté par l’émotion. Il est possible de traverser une difficulté sans perdre totalement son calme. Ce n’est pas de la passivité, c’est une autre qualité d’attention.

 

Cela demande un apprentissage, car le mental a naturellement tendance à se disperser, à dramatiser les événements et à transformer chaque difficulté en inquiétude durable.

 

Une image de la spiritualité asiatique compare parfois cet état à l’axe d’une roue. La roue tourne sans cesse, mais son centre demeure stable. Cette image décrit avec justesse une possibilité rarement explorée : vivre au cœur du mouvement sans être constamment emporté par lui.

La fatigue de vouloir tout contrôler

 

Beaucoup de souffrances viennent de cette volonté permanente de tout maîtriser : son avenir, son image, ses émotions, les réactions des autres ou le cours même de son existence.

 

Pourtant, une grande partie de la vie échappe naturellement à notre pouvoir. Les événements changent, les situations évoluent et les gens eux-mêmes se transforment.

 

Vouloir tout garder sous contrôle finit par produire davantage de tension que de sécurité. Il existe une différence entre agir avec attention, en faisant de son mieux, et vivre dans une lutte permanente contre le mouvement naturel de la vie.

 

Cette lutte est ce qui nous fatigue le plus.

Retrouver une stabilité plus profonde

 

Aucune situation n’est totalement stable pour toujours. Aucune réussite ne supprime l’inquiétude. Aucune sécurité matérielle ne garantit une paix intérieure durable. Lorsque notre équilibre dépend uniquement de ce qui se passe à l’extérieur, l’existence devient naturellement fragile.

 

C’est sans doute pour cette raison que beaucoup recherchent aujourd’hui autre chose : une stabilité moins dépendante des événements, une présence plus profonde et une manière plus paisible de vivre.

 

Cette stabilité intérieure ne se construit pas en quelques jours. Elle apparaît progressivement lorsque le mental cesse d’être le maître absolu de notre réflexion.

La paix intérieure ne consiste pas à tout contrôler, mais à ne plus être continuellement emporté par nos émotions et par les événements.

Être conscient de la vie

 

Vivre sans se perdre, c’est finalement apprendre à être conscient de la vie. Présent à ce que l’on fait pendant qu’on le fait. Présent aux autres dans une écoute véritable. Présent à son corps, à ses sensations et à l’expérience concrète du moment.

 

Présent également dans ces instants ordinaires que l’on traverse mécaniquement, comme s’ils n’avaient pas de valeur.

 

Certaines personnes passent leur vie à attendre que les choses s’arrangent, que la situation devienne favorable ou que les problèmes soient réglés. Mais la vie, c’est toujours maintenant.

 

La paix à laquelle on aspire commence précisément lorsque l’on cesse de vivre tiraillé entre les regrets du passé, les inquiétudes du futur et la confusion d’un mental hyperactif.

Une présence au centre du mouvement

 

Le monde continuera à être agité. Les responsabilités, les imprévus et les difficultés continueront d’exister. C’est la nature même de la vie humaine.

 

Mais derrière cette réalité, il reste possible de retrouver un bonheur plus stable qui ne dépend pas seulement des circonstances. Il existe une manière plus consciente de vivre et d’agir sans se perdre, de découvrir que la paix intérieure ne demande pas de quitter le monde, mais d’apprendre à y vivre avec une conscience différente, plus profonde.

 

 

madhyama.marga@gmail.com

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